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Feuilleton : Au fil du Nil

« Ce sont des pierres qui portent 4 000 ans d'histoire, des colonnes et des allées qui racontent les plus grandes heures de l'Égypte pharaonique. De toutes les merveilles qui jalonnent le Nil, le temple de Karnak est la plus célèbre. C’est la première étape de ce petit groupe de touristes français. Pendant une semaine, leur guide va les accompagner à la découverte des terres de haute Égypte.», reportage de : France 2.

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Et pour lui, hors de questions d'abreuver les touristes de détails historiques, il faut surtout qu'ils s'essaient aux coutumes locales. Danielle et Jean sont là pour se prêter au jeu. Pour eux, l'Égypte, c'est une grande première. Les touristes français goûtent au confort du navire qui les guidera sur le Nil. C'est à bord de ce bateau à voiles égyptien qu'ils vont remonter le fleuve pendant cinq jours.

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Le navire a passé sa première nuit accroché aux rives du Nil, loin du tumulte des villes égyptiennes. Il est 7 heures du matin, les 12 membres d'équipage s'affairent pour que la journée des touristes français commence par un petit-déjeuner pharaonique. Waly, le propriétaire du bateau, est debout lui aussi. Il guide des touristes sur ce fleuve depuis plus de 15 ans. Alors que les visiteurs s'attablent, le navire glisse sur le Nil comme il y a plus de deux siècles. Il date d'une époque où chaque grande famille égyptienne se devait de posséder une embarcation de prestige. 

Un pain solaire à l'eau du Nil

Il accueille des touristes depuis dix ans, un cadre idéal pour profiter de ces paysages somptueux. "La lumière est magnifique. Je trouve que sur le Nil il y a une douceur et une lumière très particulière", s'émerveille un touriste passager. Mais quelques minutes plus tard, Waly vient sortir les touristes de leurs rêveries. Le principe de cette croisière est aussi de trouver de quoi se nourrir sur les bords du Nil. Dans le village où ils débarquent, il faut d'abord récupérer du pain. Ils préparent le pain solaire comme on le faisait au temps des pharaons. Un peu de sel et de farine, mais surtout l'eau du Nil, particulièrement riche en levures.

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Pour ce troisième jour au fil du Nil, France 2 vous emmène dans le temple d'Edfou, l'un des trésors méconnus du pays des pharaons. Pourtant, depuis deux millénaires, son monumental pylône suscite à coup sûr l'éblouissement des visiteurs. Contrairement aux apparences, le temple d'Horus ne fut pas bâti par les Égyptiens, mais par les Romains, qui après avoir conquis ces terres construisirent un édifice à la gloire des dieux locaux pour conquérir les coeurs.

Le Nil, un gagne-pain pour les habitants

C'est sans doute parce qu'il est plus récent que la plupart des autres temples qu'il donne aux visiteurs l'impression d'être aussi bien préservé. L'édifice a ses petits secrets et notamment une acoustique particulièrement travaillée. Du côté du Nil, si le fleuve est une source d'émerveillement pour les touristes, il est aussi un gagne-pain pour les habitants et notamment pour les pêcheurs. Là encore, le rituel est bien rodé.

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À chaque réveil, c'est un décor différent qui attend les passagers. Si la carrière de grès de Gebel Silsileh ne fait pas partie des sites les plus réputés, elle est bel et bien centrale pour les amateurs d'égyptologie. C'est ici que les pharaons venaient chercher la matière première nécessaire à leurs constructions rivalisant de faste. Les parois de la carrière ont durant des siècles été patiemment sculptées. Sciées à la force des bras par des milliers de travailleurs.

La fourmilière désertée

Difficile de croire que cette montagne aujourd'hui désertée fut il y a longtemps une fourmilière. Après trois jours de visite, les touristes français commencent à avoir de bonne base en matière d'histoire antique. Pour retrouver les pierres extraites de ces carrières, il n'y a qu'à remonter le Nil sur quelques kilomètres. Le temple de Kôm Ombo fut notamment édifié grâce à ces blocs.

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Après cinq jours de croisière, le soleil se lève sur une dernière journée d'aventure. Le voilier glisse vers les légendaires terres de Nubie. Et au grand étonnement de Wali, le propriétaire du navire, dans ces contrées de l'Égypte méridionale, l'embarcation est loin d'être seule. "On n'a jamais vu autant de bateaux depuis la Révolution", affirme-t-il. Après cinq ans de basses eaux touristiques, les visiteurs semblent de retour en Égypte.

Les dunes d'Assouan

Au loin, les mythiques dunes de sable d'Assouan se profilent. Alors, c'est en petit bateau ,à moteur cette fois, que le trajet se poursuit, à la découverte de ce trésor caché sur une île : le temple de Philæ. C'est ici que les ultimes hiéroglyphes furent gravés dans la pierre. Un inestimable patrimoine qui a pourtant bien failli disparaître il y a presque de 60 ans. En cause ? La montée des eaux due à la construction d'un barrage. Le temple menacé a finalement été démonté puis remonté à quelques centaines de mètres plus loin.